Contenu

L’agriculture haut-alpine

 

Présentation de l’agriculture des Hautes-Alpes et de son environnement économique, géographique et humain

 

Les Hautes-Alpes : quand l’élevage côtoie la Golden

Traditionnellement département rural, l’activité touristique continue de se développer sur deux saisons : l’hiver dans les zones montagneuses et les stations de ski, l’été dans presque toutes les communes. Avec ses 1 900 exploitations, l’activité agricole est encore bien présente sur l’ensemble du territoire. Plus de 5 % des actifs occupés travaillent dans le secteur agricole et 80 % dans le tertiaire. L’emploi est très saisonnier, rythmé par le déroulement des saisons touristiques et des travaux de l’arboriculture. Les activités touristiques et agricoles s’organisent au travers d’une importante pluriactivité.

L es Hautes-Alpes sont marquées par un territoire assez hétérogène lié au relief : la Barre des Ecrins culmine à 4 103 m alors que le point le plus bas se situe à 450 m sur la commune de Ribiers, aux portes de la Provence.
Le département est entièrement classé en zone de montagne. Son territoire s’étend sur dix régions agricoles. Pour cinq d’entre elles, leur patrimoine environnemental est valorisé par des sites aussi prestigieux que le Parc National des Ecrins, le Parc Naturel Régional du Queyras, le lac de Serre-Ponçon… La moitié de la population haut-alpine vit au-dessus de 1 000 mètres d’altitude.

Dans sa partie la plus montagneuse, se pratiquent les élevages bovins et ovins. Le pastoralisme y est très actif : Plus de 210 000 ovins et 14 500 bovins pâturent en altitude en été. Les Hautes-Alpes accueillent 40 % des ovins inalpés dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Ce sont des troupeaux de grande taille. Les trois-quarts des ovins estivés proviennent d’exploitations du département. L’autre quart arrive par camions de la région PACA, notamment des Bouches-du-Rhône. Les troupeaux bovins, à l’inverse, sont tous originaires du département.

Dans un département où les prairies, parcours et alpages occupent près de la moitié du territoire, l’élevage s’impose et concerne deux exploitations sur trois. Les élevages ovins, présents dans presque toutes les communes du département, représentent un tiers des exploitations haut-alpines. Le troupeau s’élève à 178 200 brebis ; une brebis sur deux est de race Préalpes, une sur trois Mérinos. Cet élevage est presque exclusivement axé sur la production d’agneaux. Près de la moitié de ces exploitations ovines ont plus de 200 brebis.

Le troupeau bovin compte 28 900 têtes, dont 12 000 vaches. Il est localisé essentiellement dans trois régions agricoles : le Champsaur, le Gapencais et l’Embrunais. Quatre races dominent en bovins : l’Abondance, la Montbéliarde, la Charolaise et la Prim’Holstein. Les vaches Abondance, race laitière de montagne, sont destinées traditionnellement à la production laitière, mais également à la production de génisses qui sont vendues vers 30/36 mois en Savoie, où leur lait est destiné à la production fromagère. Les Charolaises, destinées à la production de viande et de broutards à destination de l’Italie, ont fortement progressé au dépens des races pures laitières que sont les Montbéliardes et les Prim’Holstein.

Les terres arables occupent 32 500 ha composés pour l’essentiel de cultures fourragères et de céréales. Plus de la moitié de la production céréalière est destinée à l’alimentation animale. Avec 2 600 ha, la production fruitière est très présente dans la partie Sud-Ouest du département, le long des vallées de la Durance et du Buëch. Cette orientation est réalisée par une exploitation sur dix. Les principales productions sont la pomme Golden de montagne, avec une face rose qui la rend plus goûteuse, ainsi que les poires, notamment la Passe-Crassane et la Louise-Bonne. Quand aux vignes, elles se limitent aujourd’hui, avec 140 ha, aux coteaux de la Durance ; la production est écoulée aisément sur place auprès des touristes et des restaurateurs. Les plantes à parfum, principalement lavande et lavandin s’accommodent des zones sèches des Préalpes.