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Le phénomène

 

 


On définit le feu de forêt comme un incendie qui se déclare et se propage dans un massif sur une surface d’au moins 1 hectare. Les feux de forêts portent atteinte à des formations forestières ou sub-forestière (garrigues, friches, maquis, landes).

Bruis, août 2012 (SDIS 05)

Dans les Hautes-Alpes, la forêt couvre plus de 234 000 ha (données IFN 2012). Le taux de boisement est en constante progression : il est passé de 28% en 1983 à 41 % en 2012. La forêt est essentiellement composée d’essences résineuses (75%), avec notamment des mélèzes et des pins sylvestres. On y trouve aussi des feuillus comme le chêne et le hêtre. Elle appartient principalement au domaine privé (56%). Avec la mise en œuvre des périmètres de restauration des terrains de montagne à la fin du 19ème siècle et la création du fonds forestier national au lendemain de la seconde guerre mondiale, les surfaces boisées ont augmenté d’environ 40% depuis le début du 20ème siècle. Quant aux landes, elles couvrent 29% du territoire départemental (soit 168 600 ha). Or, ce sont des milieux qui sont également sensibles aux feux de forêts. Ce sont des zones, hautement inflammables qui jouxtent la plus part du temps les forêts. Au total, mathématiquement, 70 % du territoire est donc concerné par ce risque. En réalité, au-delà de 2 000 m d’altitude (environ 1/3 du département), la forêt est peu présente. Celle-ci s’étend donc uniquement sur les deux tiers du département, ce qui porte la sensibilité au risque feux de forêt à 70 % du territoire.

La totalité des communes des Hautes-alpes est concernée par le risque de feux de forêt.

La vocation première de la forêt haut-alpine reste la production de bois (130 638 m3 en 2011). La forêt a également une fonction agricole (pâturage en forêt et activités annexes à l’agriculture), mais aussi environnementale et sociale (accueil du public, loisirs…). La forêt tient un rôle de protection écologique important contre certains risques naturels comme les mouvements de terrain, chutes de blocs, inondations, avalanches, les risques concernés (167 000 ha sont classés en espaces protégés soit 86 % de la superficie forestière totale).

De 1973 à 2013, 648 feux ont détruit 3 927 ha de forêt dans les Hautes-Alpes (Source : Prométhée)
A titre comparatif : 1 ha = la surface de deux terrains de football.

Comment se produisent les feux de forêts ?

Pour se développer et se propager, un feu de forêt a besoin que soient réunies les trois conditions suivantes :

  • Présence d’une source de chaleur : flamme, étincelle…
  • Présence d’un comburant : l’oxygène de l’air, dont la combustion est activée par le vent.
  • Présence d’un combustible : la végétation.

80 % des départs de feux sont d’origine humaine et 20 % sont d’origine naturelle (foudre). Les écobuages et incinérations de végétaux représentent 38 % du nombre de feux et 61 % des surfaces brûlées. La foudre est une cause importante (41 %) des feux d’été. (source PDPFCI)

Ce risque est aggravé par la conjugaison de facteurs :

  • Naturels  : des vents forts, la sècheresse, l’état de la végétation (entretien, densité..) ou la présence d’une végétation fortement inflammable et combustible ;
  • Topographiques : des massifs souvent non isolés les uns des autres facilitant le passage du feu, un relief quelquefois tourmenté qui accélère le feu à la montée ;
  • D’origine humaine : l’embroussaillement de zones rurales consécutif à la déprise agricole, la tradition des écobuages, une urbanisation diffuse très étendue, des zones habitées au contact direct de l’espace naturel, le débroussaillement réglementaire trop peu respecté, les dépôts d’ordures (autorisés ou sauvages).

Quelques incendies notables depuis 1973 dans les Hautes-Alpes.
En 2003, 245 ha de forêt ont été détruits à l’Argentière la Bessée, ainsi que 97 ha aux Vigneaux. Les conséquences de l’incendie de l’Argentière pourraient s’avérer extrêmement graves. En effet, il a détruit un massif qui avait été entièrement reboisé afin de faire face aux risques de « laves torrentielles », dans le cadre de travaux de Restauration de Terrains en Montagne. D’où des risques accrus d’inondations ou de mouvements de terrains.
Dans les Hautes-Alpes, se trouvent des séquences d’aléa feu de forêts forts sur une courte durée qui occasionnent de nombreuses interventions. Par exemple, les 22 et le 23 août 1993 deux incendies (MONTCLUS et REOTIER) ont détruits 150 ha chacun.

Les conséquences sur les personnes et les biens

A la différence de la plupart des catastrophes naturelles, les feux de forêt font principalement des victimes parmi les sapeurs-pompiers. Ils sont très coûteux en termes d’impact humain, économique, matériel et environnemental.

Les feux entraînant la dégradation de la forêt, ils contribuent dans le même temps à augmenter l’impact des autres risques naturels. La disparition de la couverture végétale aggrave les phénomènes d’érosion et les conditions de ruissellement des eaux superficielles. La destruction des paysages suite au passage des flammes a une grande répercussion au sein de la population locale. Les incendies répétitifs détruisent de façon quasiment irréversible le patrimoine naturel entraînant des pertes économiques difficilement chiffrables. On constate une forte diminution des causes accidentelles (dépôts d’ordures, lignes électriques, voies ferrées…) et de la malveillance (source PDPFCI) dans les départs de feux.

Dans les départements de Provence-Alpes-Côte d’Azur les plus gravement exposés, la prévention des feux de forêts constitue une contrainte de plus en plus lourde pour l’aménagement du territoire. Bien que les Hautes-Alpes soient moins touchées par ce risque, celui-ci reste potentiellement présent : il est important de le prendre en compte dans l’entretien et l’aménagement de l’espace.