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Les végétaux locaux : un enjeu pour les territoires et la biodiversité !

 

L’Office français de la biodiversité et la Mission Inter-Services de l’Eau et de la Nature 05 ont organisé une journée d’échanges pour sensibiliser les aménageurs à l’utilisation de végétaux locaux dans les chantiers de revégétalisation. Une action bénéfique pour la biodiversité qui séduit de plus en plus de porteurs de projets.

 

Aménagement de piste en domaine skiable, création de parc photovoltaïque, remise en état de carrière, travaux routiers ou de confortement de berges de cours d’eau sont autant de chantiers nécessitant de revégétaliser des zones mises à nues par des aménagements. Or, bien souvent, les mélanges grainiers utilisés à cette occasion ont une origine lointaine et ne sont pas adaptés aux conditions locales (sol, climat…). Parfois même ils ne sont pas souhaitables dans le contexte écologique de montagne.

Des végétaux locaux mieux adaptés

De nombreux retours d’expérience indiquent clairement que choisir des végétaux locaux pour mener des opérations de revégétalisation permet de maximiser la réussite des semis et des plantations avec des espèces parfaitement adaptées à leur milieu et au climat local. De même leurs caractéristiques génétiques renforcent leur résistance aux changements climatiques, maladies et parasites.
Utiliser la flore locale c’est également préserver les fonctionnements écologiques et les services rendus par les écosystèmes locaux. Le cycle de vie d’une flore autochtone se montrera ainsi en parfaite correspondance avec celui des insectes locaux.
Enfin, le développement d’une filière d’approvisionnement locale est source de création de valeur et d’emploi.

Mobiliser les différents acteurs autour de la marque « Végétal local »

La marque « végétal local » de l’OFB offre une alternative écologiquement responsable pour ces travaux de revégétalisation. Encore faut-il qu’elle soit connue. Aussi, pour tenter de faire évoluer les pratiques et faire connaître cette marque, la Mission interservices de l’eau et de la nature (MISEN) des Hautes-Alpes et le service départemental de l’Office français de la biodiversité (OFB) se mobilisent depuis plusieurs années autour de cet objectif. Une nouvelle journée d’information et d’échanges a été organisée le 17 novembre à Baratier (05). Signe de l’intérêt porté au sujet, l’événement a rassemblé 45 personnes représentant l’ensemble des acteurs concernés par la thématique.

En sus des services de l’Etat (DDT 05 et 04, DREAL PACA), des établissements publics (OFB, ONF et PNE) et des acteurs de la préservation du patrimoine naturel du département (Parcs Naturels Régionaux, chargé(e)s de mission Natura 2000), de nombreux aménageurs étaient présents. Ils représentaient plusieurs filières ou maîtres d’ouvrages : domaines skiables (SCV domaine skiable, SEMLORE, SAEM Les Ecrins) photovoltaïques (Engie Green, EDF renouvelables), RTE, carrières (Syndicat des Carriers des Hautes Alpes), collectivités territoriales (communes et département 05). Plusieurs bureaux d’étude et entreprises de travaux publics sont également venus s’informer.

Présentations et visite d’aménagements au programme

Stéphanie HUC, chargée de mission au Conservatoire botanique national alpin (CBNA), assurait l’animation de cette journée qui s’est déroulée en deux temps :

  • une matinée en salle pour présenter la marque « Végétal local » et sa filière labellisée, les méthodes de re-végétalisation en montagne et l’intérêt d’utiliser des végétaux d’origine locale. La chargée de mission a appuyé son propos en détaillant plusieurs retours d’expérience et expérimentations menés en terrain montagneux. Pour clore cette séquence, l’entreprise PHYTOSEM, semencier français spécialisé dans la production de semences d’espèces sauvages basé à Gap, a détaillé son activité et les opérations techniques visant à récolter des graines. Elle a également présenté plusieurs comparatifs de rendement écologique et économique entre semences d’origine locale et semences d’importation. Cela a été l’occasion pour l’assemblée de constater que l’idée reçue « semer local est plus onéreux » n’était pas toujours la règle et qu’il faut souvent « pousser » plus loin l’exploitation des données avant de conclure.

  • l’après-midi fut consacré à des visites de sites sur la station de ski des Orres. Les participants ont pu y découvrir deux chantiers de révégétalisation avec des semences locales, l’un très récent autour d’un remodelage de piste et l’autre datant de 3 ans autour de l’aménagement d’une gare d’arrivée de télésiège. L’occasion pour tous d’échanger sur les techniques et mélanges grainiers mises en œuvre et sur les points clés de ces retours d’expérience.

Une marque qui se développe

La marque « Végétal local » valorise les végétaux sauvages d’origine locale dans une démarche de conservation de la biodiversité. Pour cela, elle garantit la traçabilité des végétaux commercialisés en s’assurant qu’ils sont issus d’une collecte en milieu naturel, n’ont pas subi de sélection par l’homme ou de croisement et sont naturellement présents dans la région d’origine considérée (11 grandes régions écologiques ont été définies).
Née en 2015, la marque ne cesse de se développer depuis. Dans le département des Hautes-Alpes, le CBNA, l’OFB et la MISEN contribuent à faire connaître ce dispositif en informant et en mettant en réseau l’ensemble des acteurs susceptibles d’être concernés par la thématique. Une vraie dynamique est en cours sur le territoire et, année après année, le nombre de maîtres d’ouvrage et de gestionnaires d’espaces naturels qui utilisent des semis de plantes sauvages de provenance locale pour leurs opérations de réhabilitation de milieux se fait plus important.


Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site www.vegetal-local.fr