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Point de situation sur la fièvre charbonneuse

 

Depuis le 28 juin, plusieurs élevages d’ovins, de bovins et d’équidés du département sont touchés par la fièvre charbonneuse. Cette maladie est due à une bactérie, Bacillus anthracis, qui remonte ponctuellement à la surface de la terre sous forme de spores émanant d’animaux ayant été contaminés et enterrés il y a parfois plusieurs dizaines d’années.

Il est ainsi très difficile de prévoir où et quand les spores de cette bactérie vont ressortir de terre, ce qui intervient très souvent à la faveur d’aléas climatiques. Selon les premiers résultats d’une étude épidémiologique réalisée par des experts de l’ANSES, le facteur météorologique aurait facilité cette remontée, avec une alternance de périodes très humides (pluie/neige) et très sèches.

La fièvre charbonneuse se manifeste chez les animaux sous la forme notamment d’une forte fièvre avec des symptômes généraux, circulatoires, hémorragiques, digestifs et urinaires, et évolue rapidement vers la mort. Les spores responsables de la contamination étant présents dans la terre, cette maladie touche principalement les mammifères herbivores qui pâturent sur des prés contaminés.

Chez l’animal ou chez l’homme, les antibiotiques sont efficaces contre la fièvre charbonneuse. Un vaccin existe par ailleurs pour les bovins et les ovins.

Actuellement, dans le département des Hautes-Alpes, 25 foyers de fièvre charbonneuse sont confirmés. Sur l’ensemble de ces foyers, 55 bêtes sont mortes, en large majorité des bovins.

Les 14 communes concernées sont Ancelle, Avançon, Chorges, Gap (Romette), La Bâtie-Neuve, La Fressinouse, La Roche-des-Arnauds, Montgardin, Rambaud, Saint-bonnet-en-Champsaur, Saint-Étienne-le-Laus, Saint-Léger-les-Mélèzes, Saint-Michel-de-Chaillol et Théus.

Le dernier animal découvert décédé de la fièvre charbonneuse remonte au 27 août.

Les services de l’État – préfecture, Direction Départementale de la Cohésion Sociale et de la Protection des Populations (DDCSPP), Agence Régionale de Santé – sont extrêmement vigilants face à l’évolution de la situation et prennent toutes les mesures nécessaires pour contenir le risque de contamination à d’autres animaux.


Vous trouverez ci-dessous toutes les informations utiles concernant la fièvre charbonneuse, que vous soyez éleveur, professionnel ayant une activité de loisir avec présence d’animaux (tel que centre équestre ou ferme pédagogique), chasseur, élu, résidant sur le territoire haut-alpin ou vacancier dans le département.


J’habite ou traverse une commune concernée


La fièvre charbonneuse est avant tout une maladie professionnelle : seules les personnes ayant manipulé les cadavres d’animaux morts de la maladie ou dans leur phase d’expression des symptômes (écoulements sero-hémorragiques) – l’éleveur, le vétérinaire, l’équarrisseur – présentent un risque de contamination par voie cutanée (en cas de blessure) ou éventuellement par voie respiratoire (inhalation importante de spores).

La transmission est également théoriquement possible par voie digestive, à travers l’ingestion de produits issus d’animaux contaminés et non cuits ou pasteurisés. Toutefois, dès la suspicion d’un animal malade dans le département, les produits issus des élevages touchés sont systématiquement retirés de la consommation humaine. Il n’existe donc pas de risque de contamination par voie digestive, sauf à consommer des produits non issus du circuit d’abattage légal. En ce qui concerne le lait, sa pasteurisation suffit à éliminer le risque de contamination.

Par ailleurs, des mesures de précaution générale sur le territoire des communes concernées permettent de se prémunir de toute éventuelle contamination :

  • Ne pas s’approcher d’animaux morts, ne pas les toucher ou les manipuler
  • Respecter les pâtures et ne pas les traverser
  • Garder les chiens en laisse
  • Ne pas ramasser et consommer des baies sauvages et des champignons
  • Ne pas consommer d’eau issue d’un captage privé, pour les hommes et les animaux

Actuellement, aucun cas de contamination à l’homme n’a été identifié. Dès qu’un animal atteint est détecté, une enquête est menée par l’ARS afin d’identifier les personnes ayant pu être en contact et évaluer le risque d’exposition. Après échanges avec ces personnes, il peut être envisagé un suivi médical et un éventuel traitement antibiotique préventif.

En parallèle, une communication de l’Agence Régionale de Santé (ARS) est effectuée auprès du maire de la commune concernée. Il lui est demandé d’informer la population, tout en vérifiant quotidiennement le respect des règles de protection autour des captages d’eau publics.

Tous les professionnels de santé, dont les médecins généralistes, ont été informés et peuvent être en lien, si nécessaire, avec les spécialistes de l’Agence Régionale de Santé.

Enfin, en cas de découverte d’un animal de la faune sauvage décédé, il est préconisé de contacter l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) au 04 92 51 13 93. En aucun cas, il ne faut toucher directement l’animal mort.

Je suis un éleveur


Toute suspicion de fièvre charbonneuse au sein du troupeau doit être signalée à votre vétérinaire et/ou à la DDCSPP au 04 92 22 22 30.

En lien avec les vétérinaires, des prélèvements sont effectués et traités directement par le Laboratoire Départemental, puis par le Laboratoire National de Référence de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES).

En cas de suspicion de fièvre charbonneuse, avant même la confirmation, un arrêté préfectoral de mise sous surveillance (APMS) est pris pour « mettre en quarantaine » le troupeau, accompagné de la mise en place des mesures suivantes :

  • Surveillance régulière de l’état de santé des animaux du troupeau
  • Traitement des animaux malades
  • Interdiction de sortie des animaux des exploitations et des pâturages où ils se trouvent. En cas de confirmation par le Laboratoire National de Référence, ces mesures sont renforcées par la prise d’un arrêté préfectoral portant déclaration d’infection (APDI), avec notamment l’obligation de vacciner les animaux concernés et la réalisation d’opérations de nettoyage/désinfection.

La vaccination des animaux des foyers déclarés est prise en charge financièrement par l’État (fourniture du vaccin et interventions des vétérinaires). Au bout d’un délai de 20 jours minimum, la mise en quarantaine peut être levée. La commercialisation des produits issus des animaux vaccinés n’a aucune incidence sur la santé humaine.

La vaccination des troupeaux ?
La préfète des Hautes-Alpes, Cécile BIGOT-DEKEYZER, par un arrêté préfectoral en date du 3 septembre 2018, instaure une campagne de vaccination animale.

Cette campagne de vaccination préventive contre la fièvre charbonneuse est organisée vis-à-vis de la fièvre charbonneuse (Bacillus anthracis) sur les bovins, ovins caprins ou équidés :

  • pâturant ou détenus dans les communes concernées par des cas de fièvre charbonneuse, ou étant nourris avec de l’herbe, du foin, de l’enrubannage ou tout type d’ensilage récolté en 2018 sur des parcelles de ces communes,
  • pâturant dans des pâtures voisines de pâtures où des foyers de fièvre charbonneuse ont été déclarés.



Les frais liés à ces vaccinations sont entièrement pris en charge par l’État (fourniture du vaccin et intervention des vétérinaire).

Pour toute question relative à l’organisation de la campagne de vaccination, veuillez prendre contact avec votre vétérinaire.

Dès les premiers cas de fièvre charbonneuse et avant l’arrêt de l’activité estivale du laboratoire européen situé en Espagne, 200 flacons permettant de vacciner 5 000 bovins ou 10 000 ovins ont été commandés et rapidement livrés.

Compte-tenu de la nécessité de disposer de vaccins en conséquence, Cécile Bigot-Dekeyzer, préfète des Hautes-Alpes, avait demandé au Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation de solliciter tous les pays européens pour mobiliser les stocks qui seraient disponibles.

C’est ainsi que 450 flacons correspondant à 9 000 doses bovines (ou le double d’ovins) ont été livrés et sont aujourd’hui disponibles. 12 000 doses supplémentaires du laboratoire espagnol ont été livrées mi-septembre.

Des réunions se sont tenus entre les services de l’État et les cabinets vétérinaires concernés. Des courriers ont été envoyés à tous les éleveurs (ovins, bovins et équins) pour les informer des modalités de cette campagne de vaccination.

En cas de mortalité, comment l’éleveur doit-il agir ?
En cas de mortalité dans une pâture, en attendant la prise en charge par l’équarrisseur et après la visite du vétérinaire et la réalisation des prélèvements à des fins de diagnostics, il est recommandé d’isoler la dépouille des autres animaux du troupeau et de la faune sauvage (par exemple via l’utilisation d’une bâche). Recouvrir l’animal de chaux est conseillée pour ne pas attirer de prédateur.

La DDCSPP détermine avec les éleveurs, et le cas échéant la mairie et la société d’équarrissage, les mesures de gestion à mettre en œuvre, notamment la mise en place de la méthode la plus sécurisée de collecte de l’animal.

Après la collecte de la carcasse, l’emplacement au sol où la bête est décédée et le matériel ayant été en contact avec la dépouille doivent être désinfectés (eau oxygénée à 3 % ou 10 volumes).

En cas de mortalité au sein d’un bâtiment, ce dernier devra être nettoyé et désinfecté, les fumiers et lisiers évacués dans un circuit de traitement spécifique. La DDCSPP accompagne les éleveurs concernés.

Mise en place d’un circuit d’équarrissage spécifique
L’évacuation des cadavres des animaux suspects est effectuée par la société d’équarrissage à travers un circuit spécifique et sécurisé, mis en place pour éviter tout risque de contamination. Le personnel de l’équarrisseur, tout comme l’éleveur et le vétérinaire, sont informés des mesures de protection à mettre en œuvre pour manipuler l’animal.

D’une manière générale, les cadavres d’animaux, sauvages ou domestiques, ne doivent jamais être manipulés sans précaution (car de nombreuses maladies animales sont transmissibles à l’homme) : gants résistants, tenue dédiée, masque, sur-bottes sont nécessaires.

Des kits d’Équipements de Protection Individuelle (EPI) – gants, combinaison, masques, sur-bottes – sont disponibles auprès du Groupement de Défense Sanitaire des Hautes-Alpes : 04 92 52 31 28.

Anticiper la descente d’alpages
Sur les communes concernées, les éleveurs doivent anticiper avec leur vétérinaire le retour d’alpages de leurs troupeaux. Les animaux pourront être vaccinés dès leur retour, ou bien dans les alpages avant leur descente. Les modalités sont à mettre en place avec leur vétérinaire.

J’ai une activité de loisir en lien avec les animaux dans les secteurs concernés


Tous les prestataires proposant des activités grand public avec des animaux (centres équestres, fermes pédagogiques, etc.), ont été contactés et dûment informés afin d’être en mesure de repérer rapidement les signes de la fièvre charbonneuse chez leurs animaux et de signaler tous symptômes ou mortalités suspectes à leur vétérinaire.

Chaque professionnel doit également tenir un registre des personnes accueillies avec, pour chaque groupe, les coordonnées d’une personne ressource capable de faciliter, si besoin, l’identification par l’ARS des personnes ayant pu être en contact avec les bêtes malades.

Je suis chasseur


Actuellement, aucun cas de fièvre charbonneuse n’a été confirmé dans la faune sauvage.

Il est demandé aux chasseurs d’avoir une maîtrise parfaite de leurs chiens, afin qu’ils ne puissent se contaminer avec des cadavres ou des animaux malades. Jusqu’au 15 septembre 2018, la chasse à l’approche ou à l’affût peut être préférée à la chasse en battue.

L’utilisation de chiens sur les zones contaminées doit donc se faire en connaissance des risques.

D’une manière générale, les cadavres d’animaux, sauvages ou domestiques, ne doivent jamais être manipulés sans précaution (de nombreuses maladies animales sont transmissibles à l’homme : influenza aviaire, etc…) : 2 paires de gants, lunettes de protection, masque.

Par ailleurs, les cadavres d’animaux sauvages doivent être signalés au réseau SAGIR de surveillance sanitaire de la faune sauvage (FDC / ONCFS / laboratoire).

En cas de découverte de cadavres de mammifères sauvages (surtout ruminants et sangliers) dans les communes où des cas ont été diagnostiqués, ou des communes limitrophes, ne les touchez pas, et éloignez-en les chiens.

S’ils présentent des signes de fièvre charbonneuse, prévenez le réseau SAGIR (ONCFS au 04 92 51 13 93) : les cadavres d’animaux morts de fièvre charbonneuse présentent une congestion généralisée (muqueuses sombres), des hémorragies, et/ou des écoulements de sang par les orifices naturels (nez, bouche, anus, vulve, voire les yeux), eux mêmes sombres ; et chez les sangliers fréquemment un œdème de la gorge.

Lors de la chasse, après mise à mort du gibier, vérifiez avant l’ouverture de l’animal qu’il ne présente pas les signes indiqués ci-dessus. Si oui, prévenez une personne formée à l’examen initial de la venaison.

Lors de la préparation des viandes des animaux tués à la chasse, respectez les règles d’hygiène habituelles lors de l’éviscération du grand gibier, notamment le port de gants jetables et de masques et lunettes de protection, surtout dans les communes concernées et limitrophes. Des lésions inhabituelles sont facilement repérables sur un animal contaminé.

Dans les communes où des cas ont été diagnostiqués et les communes limitrophes, il est souhaitable de faire examiner systématiquement les viandes et abats par une personne formée à l’examen initial de la venaison, et de bien faire cuire les viandes.

Je suis élu d’une commune concernée


Dès les suspicions, l’Agence Régionale de Santé contacte le maire de la commune concernée. Celui-ci doit informer sa population sur les mesures de précautions, précédemment citées, par tous moyens adaptés (affichettes, panneaux sur site…)

Le maire a également pour mission de contrôler quotidiennement les périmètres de protection autour des captages d’eau publique, pour s’assurer qu’aucune contamination n’est possible. Les clôtures prévues par arrêtés préfectoraux doivent être efficaces pour empêcher toute intrusion d’animaux dans le périmètre et à proximité du captage.

Il est demandé aux communes concernées d’apposer un pictogramme et une information « eau non potable » sur tous les points d’eau accessibles au public et non raccordés sur le réseau public (fontaines…).

Concernant les ressources en eau privées, le maire est invité à recenser tous les utilisateurs, pour les informer des recommandations du Ministère de la Santé : ne pas utiliser l’eau pour la boisson, la douche et le brossage des dents. L’eau peut être utilisée pour l’arrosage des potagers sous réserve d’un rinçage des légumes à l’eau potable, et pour la cuisine sous réserve que l’eau soit bouillie plusieurs minutes.

Pour en savoir plus


L’information du Ministère de l’Agriculture

L’information de l’Agence Régionale de Santé

L’information de la Fédération départementale de la chasse

L’information de l’Institut Français du Cheval et de l’Équitation